Le Kabuki

Pour voir du kabuki à Tokyo, rendez-vous au Kabukiza à Ginza.

Je vous écrit pour vous raconter une expérience typiquement Japonaise que j’ai expérimenté et qui vous plaira sûrement : je suis allée voir une pièce de Kabuki.
Le Kabuki, mais vous le savez peut-être déjà, c’est le théâtre traditionnel Japonais. C’est de cet univers très ancien et historique que nous viennent toutes les images un peu clichés et traditionnelles sur le Japon, avec ces hommes que l’ont voit sur les estampes, au visage blanc, leurs cheveux longs et noirs tirés en arrière qui laissent voir un rond bleu sur le front, les tenues de samouraï et les Geisha en kimono, les bruits de tambours aigus qui résonnent avec des sons envoutants de flûtes en bambou et les miaulements des joueurs de shamisen.

Je suis allée voir une pièce qui s’appelle « Yoshitsune senbon zakura », soit « Yoshitsune et les cent cerisiers » .
La pièce durant une journée entière, je suis allée voir le dernier acte de cette histoire, en fin d’après midi.

Kabuki : le théâtre Japonais

L’histoire où je l’ai commencée mettait en scène Shizuka, amante du Shogun (général) Yoshitsune, alors qu’elle entreprend un voyage pour retrouver son bien aimé qui a pris refuge sur le Mont Yoshino suite aux aléas des batailles précédentes. Le Samouraï Tadanobu va l’escorter durant ce périple.
Sauf qu’il ne s’agit pas du réel Tadanobu, mais d’un renard ayant pris son apparence (dans le folklore Japonais, les renards sont des esprits farceurs qui ont la capacité de changer de forme. Ils aiment se faire passer pour des humains pour leur jouer des tours. Souvent signe de bonne fortune, ces animaux sont respectés et des temples leurs sont dédiés).
Dans la première scène, le renard sous l’apparence de Tadanobu, va charmer la jeune femme en dansant avec elle sous les cerisiers en fleur.

Shizuka ignore que le Tadanobu qui l’accompagne est un esprit farceur, même si elle remarque que le Samouraï disparaît souvent mystérieusement. Elle possède un tambour qui est une sorte de relique, et chaque fois qu’elle en joue, Tadanobu apparait. Elle ne le sait pas, mais ce tambour est fait dans la peau des parents de l’esprit renard, et celui-ci est encore bouleversé par l’histoire de leur disparition. C’est pourquoi il est profondément lié au tambour que possède la jeune femme.

Après avoir sauvé Shizuka d’une attaque pendant leur périple (superbe scène de bataille !), le Samouraï-renard disparait de nouveau mystérieusement.
La jeune femme rejoint son amant, lui annonçant que Tadanobu, qui l’a escortée jusqu’à lui, les rejoint bientôt.

Sauf que le réel Tadanobu est déjà en compagnie du général !
Flairant la supercherie, le Shogun demande à sa femme de jouer de son tambour, puisque cela semble faire apparaitre le renard Tadanobu.

L’esprit renard apparait donc aux yeux du général, et raconte son histoire. Il est attristé par la disparition de ses parents, mais il aimerait pouvoir oublier cette douleur et simplement leur être reconnaissant de lui avoir donné la vie (je n’ai pas tout compris à cette partie là, c’était mal traduit et très vague, ahah).
S’il voulait juste s’amuser en compagnie d’humains, il se rend comte que sa supercherie a causé du tord au réel Tadanobu, et il s’en veut profondément d’avoir causé autant de soucis.
Il disparait, triste et honteux.

Mais l’histoire du renard et son désarroi ont ému le Shogun.
Il demande à sa femme de jouer du tambour à nouveau.

Le renard apparait, sous sa forme originelle (l’acteur porte un costume blanc avec de longs poils souples, une ceinture bouclée à l’arrière qui pend comme une queue lorsqu’il est accroupi. Un ruban blanc dans son chignon noir rappelle les oreilles du renard.)
« Ton histoire m’a ému. C’est pourquoi je t’offre ce tambour.» dit le Général à l’esprit renard.

« Vraimeeeeeeent ?» s’écrie le renard dans un glapissement joyeux.
Il embrasse le tambour, danse avec et s’élève dans le ciel d’allégresse.

Il promet de protéger le général contre les armées ennemies qui l’ont retrouvé et qui s’apprêtent à attaquer la bâtisse où il s’est réfugié.
Après une bataille finale superbe à grand coup de roulades et d’acrobaties, le renard ayant décimé toute l’armée s’envole au dessus du public, suspendu à des câble, serrant le tambour tout contre sa poitrine. Alors qu’il arrive presque en haut de la salle de spectacle, une soufflerie se met en route à grands bruits et envoie une tempête de pétales de cerisiers sur l’assemblée.

Le Kabuki ne cherche pas à sembler fidèle à la réalité. Tout les rôles, même féminins, sont joués par des hommes. Les acteurs partent rarement en coulisse, et des hommes habillés en kimono noir viennent directement sur scène aider les acteurs à enlever ou enfiler un accessoire.
Les costumes sont faits de telle manière qu’il suffit de défaire une boucle à un endroit pour que le tissu tombe et se retourne pour laisser apparaitre de nouveaux motifs. (j’ai pas compris comment c’était fait, mais c’était trop magique !)
C’est ainsi que le metteur en scène a symbolisé la transformation de Tadanobu en renard. Son kimono noir devient blanc dans un roulement de tambour et un mouvement de tissu. C’était super impressionnant.
Toute cette mise en scène assumée donne un aspect visuel très intéressant à la pièce, et parfois même burlesque. Comme quand l’acteur qui joue le renard saute littéralement à travers un trou qui vient de s’ouvrir dans le mur, pour ensuite réapparaître sur scène par une autre trappe sous des escaliers, ou carrément par le plafond, on ne sait pas trop comment.

J’ai vraiment adoré cette pièce. J’aime particulièrement les renards japonais (Kitsune, ou Inari quand on parle de la divinité renard du riz, symbole de fertilité et de bonne récolte).
Donc j’étais super contente de voir leur représentation au théâtre. L’acteur jouait vraiment bien.

Nous avions un petit écran portatif qui nous affichait les traductions en anglais des textes des acteurs, en même temps que ceux-ci les prononçaient.
Les discours au théâtre Japonais étant très lents (chaque syllabe est presque chantée), nous avions donc tout le temps de lire ce qui se passait et de voir la scène.
Parfois un petit texte sur notre écran nous expliquait qui étaient les personnages et leur rôle dans l’histoire, ou bien nous donnaient des informations sur le folklore Japonais qui nous permettaient de mieux comprendre les calembours ou les aléas de l’histoire.
C’était vraiment très bien fait, et ça permet d’apprendre énormément de chose. Et de comprendre ce qui se passe aussi, parce que la mise en scène n’étant pas du tout réaliste, c’est pratiquement impossible de s’approcher de l’histoire rien qu’en essayant de deviner ce qui se passe.

Et vous, vous avez déjà vu du Kabuki ? Au théâtre ou à la télé ? Qu’en pensez-vous ?

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