Jishin – Intensité : 1 à 2 (équivalence : pet furtif)

Les tremblements de terre au Japon - illustration

Séismes : l’image que l’on s’en fait

La télévision Française ne recensant de l’étranger que des évènements marquants, nous avons tendance à n’entendre parler du Japon que dans le cas de catastrophes naturelles de grande envergure. En ce qui concerne les séismes, nous avons donc un écho uniquement de ceux qui cassent quelques trucs ou font carrément s’effondrer les maisons les plus anciennes, font quelques blessés, et malheureusement parfois des morts. Ceux qui arrivent très rarement, donc.

Ce qui fait que dans l’ensemble, nous avons une vision des séismes comme étant quelque chose d’effrayant, dangereux, très puissant.

Même si elles sont exceptionnelles, ces catastrophes naturelles arrivent, et sont terribles.
Mais aujourd’hui je vais vous parler de séismes plus « rigolos ». Ceux qui ne font pas de blessé, peinent à faire rouler une bille sur une table et même à se faire ressentir. Ceux que vous pouvez expérimenter si vous restez assez longtemps au Japon. Ceux qui constituent la grosse majorité des tremblements de terres sur l’archipel, et une expérience intéressante à laquelle on s’habitue très vite.

 

 La réalité

Il faut savoir que le Japon se situe pile poil au croisement de 3 plaques tectoniques (les plaques Pacifique, Eurasienne et des Philippines, si vous voulez savoir), qui évidemment bougent en permanence. Cela fait du Japon un pays très actif au niveau des secousses sismiques.

Cela veut dire que des séismes, il y en a en effet régulièrement, et même assez souvent. Cela ne veut pas dire, en revanche, qu’ils sont tous à l’image de ce qu’on peut voir à la télévision (et heureusement, sinon je ne vous raconte pas l’état de délabrement du pays…)
La majorité de ces séismes est en effet composée de secousses de niveau 1 à 2, c’est à dire qu’elles sont à peine perceptibles. Si on est vraiment en train de ne rien faire depuis un long moment, assis quelque part, calme, on peut à la limite les percevoir. À Tokyo il doit certainement s’en produire environ une fois toutes les 2 semaines. J’en ressens en moyenne une tout les 2 à 3 mois.

 

Échelle de Shindo

L’échelle de Shindo est l’échelle de notation d’intensité sismique Japonaise qui permet de mesurer la force des tremblements de terre. L’échelle de Richter que l’on connait bien, mesure la magnitude totale du séisme résumée en une valeur unique. Alors que l’échelle de Shindo donne l’intensité des vibrations à un endroit précis. Ce qui donne pour un même tremblement de terre une valeur par exemple de 3 à l’épicentre, et de 2 ou 1 dans les villes alentours. (Oui, ceci est une reformulation de Wikipédia).
Ses valeurs sont :
0, 1, 2, 3, 4, 5- (dit « lower »), 5+ (dit « upper »), 6-, 6+, 7.

Les séismes qui cassent des trucs et que l’on voit à la télévision sont ceux de niveau 6+ ou plus.

La page Wikipédia donne des informations concernant le ressenti des gens pour chaque intensité, ce sont les mêmes informations que fourni le gouvernement Japonais dans ses prospectus de prévention. Je ne trouve pas que cela corresponde forcément à la réalité, d’autant que chaque séisme est différent, et sera ressenti différemment en fonction des personnes. Nous n’avons également pas tous la même façon de gérer ce genre d’évènement. Je vais donc vous parler de mon ressenti, concernant des séismes allant de niveau 1 à 3, sachant que pour le niveau 3 ça dépend vraiment, et que j’ai tendance à trouver cette expérience rigolote.

 

Les différences de perception

En effet en fonction de ce que vous faites et de l’endroit où vous vous trouvez, vous ne sentirez pas le tremblement de la même manière.
Pour les secousses allant jusqu’à maximum 3, il suffit que vous soyez au rez-de-chaussée d’un bâtiment en train de faire un truc ou en sous-sol, dans un train, un bus, une voiture ou en train de marcher dans la rue : vous n’allez rien sentir.
Plus vous êtes haut dans les étages d’un building, et plus vous allez percevoir le mouvement du sol. Les murs tremblent un peu également, ce qui permet de mieux se rendre compte que ça bouge effectivement. Si vous dormez et que vous êtes dans une phase de sommeil léger, vous pouvez également être réveillé comme si quelqu’un secouait un peu votre lit.

Les rares fois où ça bouge, il arrive généralement que je sente le sol trembler comme si un train passait juste sous ma chambre pendant une demi seconde, alors que mon colocataire au rez-de-chaussé lui ne perçoit rien du tout. Il arrive également qu’un pote assis sur une chaise me dise « mais, ça bouge, non ? », et que moi, debout en train de me déplacer dans la pièce, je fasse « ah bon ? ».
Régulièrement aussi, le sol tremble un peu (très souvent comme un train ou un gros camion qui passerait sur la route à côté), et personne ne réagit, même en l’ayant senti.

À mon retour en France, j’ai été plus effrayée par le tremblement du sol de la maison de mes parents au passage des bus sur la route voisine, que par n’importe quel tremblement au Japon.

Donc, pour les secousses de niveau 1 à 2, je dirais que l’intensité équivaut celle d’un pet sur un canapé.
Il faut être vraiment assis à ne rien faire depuis longtemps, pour le percevoir.

 

Les tremblements de terre au Japon - illustration

Japan Meteorological Agency

L’agence météorologique publie sur son site tout tremblement de terre ayant lieu au Japon, à partir du niveau 1, et ce pile poil 5 minutes après son occurence. Comme tout les services au Japon, elle est absolument fiable. Si vous avez cru sentir le sol bouger, mais que ce n’est pas recensé par l’agence, c’est que vous avez rêvé, eu un vertige, ou que c’était effectivement le passage d’un train. Ou que vous êtes capables de ressentir les tremblements en dessous du niveau d’intensité 1. Et là, chapeau.

Si vous regardez un peu les publications de l’agence, vous pouvez voir qu’en moyenne elle recense entre 3 à 15 tremblements de terre par jour dans tout le Japon. Ça semble beaucoup, mais le Japon c’est grand. Et un tremblement d’intensité 3 à l’épicentre va être perçu comme un niveau 2 ou 1 aux kilomètres alentours.
Autrement dit, pratiquement pas perçu.

Je remarque qu’en ce moment les tremblements sont beaucoup moins fréquents que l’année dernière mais plus forts. J’avais l’habitude de voir environ 20 secousses de niveau 2 ou 1 par jour sur tout l’archipel. À l’heure où je vous poste ce message, je peux voir environ 3 à 5 secousses par jour, mais d’intensité 3 à 5 (le niveau 5 j’en parlerai, c’était le plus gros que j’ai jamais vécu, il était assez rigolo).

Au quotidien, les secousses sont assez drôles à expérimenter, si comme moi vous avez la chance de vivre une secousse de niveau 3 ou moins comme premier tremblement de terre.
On vit également dans la sécurité permanente, avec des applications qui préviennent en cas de grosse secousse, des infrastructures étudiées pour résister, des petits messages informatifs sur les bons gestes à adopter un peu partout.
Autrement dit, tant que ça ne casse rien, c’est assez rigolo (en un an j’ai dû vivre une petite dizaine de tremblements de terre, et aucun n’était assez puissant pour faire bouger un stylo sur une table.).

Je trouve même relativement agréable de sentir la terre « vivre » sous moi de temps en temps.
Pouvoir faire des blagues du style « mais non ça n’a pas bougé, c’est juste Mikael qui s’est assis » (Mikael c’est notre collègue un peu gros qu’on aime bien chambrer Benjamin et moi. On l’embrasse).
Ou avoir l’impression que ça a tremblé, parier avec mon pote Gato qui lui n’a rien senti et me dit que j’ai des hallucinations, vérifier sur l’agence météorologique 5 min plus tard.

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